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Principaux volets des politiques agricoles au Maroc

Ahmed Driouchi

jeudi 13 novembre 2008, par N. Z

Résumé.

L’économie marocaine est encore sous les effets de la transition de l’interventionnisme aux mécanismes de marché. Le poids de l’agriculture impose une inertie qui réduit l’obtention rapide et complète des effets déjà espérés de la libéralisation. Plus de temps est ainsi nécessaire avant d’atteindre les niveaux de performance désirés. Dans ce contexte, les politiques agricoles apparaissent comme d’importants moyens pour la réalisation d’une meilleure performance de l’économie globale. En plus, ces politiques sont déterminantes dans l’allocation des ressources entre milieux rural et urbain. Pendant que des réponses favorables de marché ont pu être constatées, des contraintes affectant la performance sont apparues. La gestion aussi bien des inputs et des outputs semble ainsi devenir plus déterminante que la vulgarisation de nouvelles technologies et techniques agricoles.


Introduction

Les instruments utilisés par les politiques agricoles au Maroc durant les années 1960, 1970 et 1980 étaient les investissements publics, les subventions, les prix, les crédits, la recherche agronomique et la formation des cadres pour l’agriculture. De telles politiques étaient en harmonie avec le reste des politiques économiques caractérisées par le protectionnisme et l’intervention de l’Etat aussi bien à la production, à la consommation qu’au niveau des marchés et du commerce extérieur. Il faut toutefois noter que c’est dans ce cadre qu’un grand nombre de barrages, de périmètres irrigués et d’autres infrastructures ont été mis en place. Ces politiques ont permis le développement de mécanismes publics ainsi que les modalités de distribution d’inputs et d’outputs agricoles et agro-alimentaires, actuellement objet de réformes.

La persistence d’inerties et de contraintes aux réformes entreprises et projetées constituent l’expression d’intérêts économiques privés dont les bases ont été développées durant la période interventionniste. Cependant, de telles inerties constituent le revers normal à tout changement de politique économique.

Les politiques agricoles entreprises au Maroc depuis la fin des années 1980 n’ont cessé d’apporter de profondes modifications aux instruments des périodes antérieures aussi bien au niveau de l’orientation que des mesures en vue de résoudre différents types de questions agricoles. En effet, une plus grande ouverture sur reste du monde dans le domaine des échanges, et une plus grande libéralisation de l’économie avec le renforcement des processus de privatisation des entreprises publiques et le désengagement de l’Etat des activités pouvant être assurées par le secteur privé et le marché, ont créé de nouvelles conditions économiques pour l’agriculture marocaine. Les programmes d’ajustement structurel, démarré dès 1983 ont ainsi aidé, aux niveaux global et sectoriel, à la mise en place de nouveaux mécanismes de gestion et d’allocation de ressources.

Cependant, les sécheresses successives des années 1980 et 1990 auraient certainement contribué à la modification des conceptions et des rythmes de réalisation des différentes réformes en agriculture. Ce travail présente les principaux volets des politiques agricoles au Maroc. La première partie indique les principales directions des réformes entreprises depuis le programme d’ajustement structurel et leurs effets. La deuxième partie traite des atouts et contraintes des nouvelles politiques agricoles. Les perspectives des politiques agricoles constituent enfin la dernière partie de l’étude...

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